Strike

Publié le par Benjamin Mimouni

Bunny Striker Lee I Am The Gorgon

Bunny Striker Lee I Am The Gorgon

Cette semaine, mon album préféré est I Am The Gorgon, la BO d'un film documentaire consacré à Bunny Striker Lee. Deux vinyles, 22 méchants titres, pas cher.

J'avoue tout de suite que je n'ai pas vu ce doc, par contre j'ai bien écouté le skeud et la sentence est sans appel : que du très très bon, à commencer par le morceau qui donne son titre à l'album et au film, The Gorgon de Cornell Campbell (et un article rien que sur lui à venir dès la semaine prochaine, bande de petits veinards).

La pochette est assez réussie elle aussi, des couleurs un peu délavées : vieux vert et vieil orange, une photo du gros Bunny avec un chapeau melon sur la courge (ce qui est mieux que le contraire, d'autant que les chapeaux courge ça court pas les rues...) et un combiné de téléphone à l'oreille, plein de traits genre rayons de soleil stylisés et trois bobines de film. Elle est en papier papier, pas en papier glacé, et ça lui donne un côté plus chaleureux, moins glacé justement. Un seul bémol, non plutôt deux en fait : l'absence de livret, et l'absence de volets. Ce qui fait qu'on est obligé de bourrer les deux disques dans une seule pochette et c'est pas top pratique, mais bon ce ne sont là que considérations de geek (au temps pour le moment de lucidité!). Et ce qui compte c'est la musique, avant toute chose comme aurait dit le vieux Paulo (Verlaine..). Donc c'est tipar pour 22 killer hits. C'est en tout cas ce qu'on nous annonce. En piste.

A1 : Revenge Of The Flying Cymbals par Bunny Striker Lee All Stars. Ce que je vous disais la semaine passée : qu'il ait inventé ou non la flying cymbal (lui est sûr que oui) n'est pas le plus important : « Introducing to the world : the hit maker from Jamaica ». Voilà ce qui est important.

A2 Cool Operator de Delroy Wilson, l'une de mes toutes préférées. Ça groove et ça roucoule comme une plage en été.

A3 The Gorgon de Cornell Campbelle, on en reparle mieux la prochaine fois, je redis juste que c'est une bête de chanson.

A4 Ripe Cherry par Dennis Alcapone : « Yeah, yeah, yeah! », c'est à ce bruit qu'on reconnaît le Dennis Alcapone.

A5 The Beatitude par The Uniques : Slim Smith et compagnie, des légendes du rocksteady recyclées chez Bunny Lee.

A6 You're No Good par Ken Boothe. Pareil. Ici pour une de ses meilleures chansons (après Freedom Street, bien entendu).

B1 Money Money d'Horace Andy. Toujours impeccable. Je crois avoir déjà dit tout le bien que je pensais de cet homme.

B2 Move Out Of Babylon Rastaman par Johnny Clarke. Celle-là est vraiment géniale en tous points : la voix, le riddim, les paroles.

B3 Labrish ou la rencontre entre deux monstres : The Upsetter (Lee Perry) et The Aggrovator (Bunny Lee). « Godzilla et King Kong ce soir vont marcher sur ton block ».

B4 Two Face People de Max Romeo.

B5 It's Reggae Time de Tony Lee. En ce qui me concerne, c'est toujours l'heure du reggae.

C1 Last Flight To Reggae City par Stranger Cole et Tommy McCook. Stranger Cole..., encore un daron du rocksteady.

C2 Jah Is A Guiding Star de Tapper Zukie, qui n'en est encore ici qu'à ses débuts mais l'explosion va avoir lieu. Puis Tapper Zukie deviendra producteur à son tour.

C3 Joyful Locks par U-Roy. King Tubby et U-Roy, on a déjà parlé de cette collaboration à l'avant-garde de toute la musique, et bien c'est Bunny Lee qui en est l'instigateur, rien que ça.

C4 The Great Musical Battle de Derrick Morgan.

C5 The Clock de John Holt.

D1 Straight To Jazzbo's Head par I-Roy et

D2 Straight To I-Roy's Head par Prince Jazzbo, ou la match des DJ.

D2 (sic) The Killer par Jah Stitch.

D3 Cool Down Your Temper par Linval Thompson. Comme Tapper Zukie, Linval Thompson deviendra lui aussi un producteur de talent.

D4 Lazer Beam de don Carlos. Et dire que je n'ai même pas encore pris le temps de consacrer un article à Don Carlos alors que je l'adore. Le temps passe. Mais ça viendra.

D5 Jamaican Roots Dub par King Tubby and The Aggrovators. Pour finir en beauté et créditer l'ingé-son comme musicien à part entière. Big Up.

À noter également la présence de Lyn Taitt parmi les musiciens, le guitariste à qui l'on doit la ligne coulée de Stop That Train. Le meilleur s'entoure des meilleurs pour faire chanter les meilleurs. Sans déconner, voilà un peu les blazes! Il faut absolument écouter cet album. Sinon j'arrête de vous parler.

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