Coup de feu dans Brooklyn part. 1 : Monster Love

Publié le par Benjamin Mimouni

Nitty Gritty Turbo Charged

Nitty Gritty Turbo Charged

Cette semaine, mon chanteur préféré est Nitty Gritty, né en 1957 à Kingston sous le nom d'Augustus Holness, mais aucun lien avec Niney.

En 1973, il enregistre avec Dennis Brown et les Mighty Diamonds une chanson pour Joe Gibbs mais il faudra encore attendre 10 ans pour entendre son premier titre solo : Everyman Is A Seller, produit par Sugar Minott. Il émerge en effet comme chanteur de premier plan avec l'explosion du reggae digital, au même moment que Tenor Saw. C'est d'ailleurs en 1985 que paraît l'album Tenor Saw Meets Nitty Gritty. Le principe est simple : un titre chacun. On retrouve à cette occasion les plus grands tubes des deux chanteurs : pour Tenor Saw Ring The Alarm (une production Winston Riley), Pumpkin Belly (King Jammy) et Golden Hen (« Tic-A-tic-A-tac », une production Steve Uptempo) et pour Nitty Gritty Auntie Lu Lu, Everything You Try (George Phang), Hog In A Minty (dans laquelle on peut l'entendre chanter « Monster Love », le titre de cet article, ça tombe bien) et Gimme Some Of Your Something (King Jammy). Les deux bonhommes ont travaillé avec les mêmes producteurs, principalement King Jammy et George Phang, les deux grands du moment, ce qui a du faciliter la commercialisation de cet album précieux.

Nitty Gritty quitte assez vite George Phang pour rejoindre King Jammy. Après quelques singles, il sort Turbo Charged, une bête d'album, et Musical Confrontation en 1986. ensuite il quitte la Jamaïque pour New-York.

Nitty Gritty General Penitentiary

Nitty Gritty General Penitentiary

Il revient en 1987 avec General Penitentiary. Sur la pochette, on le voit appuyé sur une vieille mobylette avec ses dreads, des perles dans les cheveux et des lunettes de soleil sur la face. L'arrière-plan : un fond noir et le dessin du continent africain qui ressort en vert, la mise en scène n'est pas sans rappeler Africa Must Be Free d'Hugh Mundell. Clin d'œil. Clin d'œil. Free/Penitentiary. L'album propose une chanson puis sa version dub. Dans l'ensemble, c'est plutôt un bon skeud, mais pas mon préféré. Si vous voulez du lourd, il faut plutôt laisser traîner vos oreilles du côté de Turbo Charged. King Jammy et Nitty Gritty au top de leur forme, et ça s'entend.

En gros, Nitty Gritty, c'est un style saccadé, une voix assez profonde et chaleureuse, nasillante, pleine d'effets, des expressions de ponctuation qui reviennent sans cesse, genre : « Alright now! », presque un tic tellement il en fout de partout. Il survole littéralement les riddims mais sans en faire des caisses, chantant parfois un tout petit peu hors du tempo, ce qui ne lui donne que plus de charme encore. Alright! No way! Une des plus chouettes voix du reggae digital, avec Tenor Saw bien entendu, c'est par rien de le dire. Ces deux-là faisaient vraiment la paire (surtout à Noël, j'ai pas pu m'empêcher...)

Le 24 juin 1991, alors qu'il se trouve au magasin de reggae « Super Power » à Brooklyn, son vieil ennemi sorti de nulle part (à ce stade du récit, c'est le crescendo dramatique, une fois n'est pas coutume, c'est du moins ce que l'on croit mais la suite nous prouvera que non, comme disait Georges, Brassens, pas Phang), Super Cat, lui tombe dessus et le tue.

Un coup de feu résonne dans Brooklyn.

Fin de l'épisode 1.

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