What A Ting

Publié le par Benjamin Mimouni

Michigan and Smiley

Michigan and Smiley

Cette semaine, mas deux chanteurs préférés sont Papa Michigan et General Smiley, on peut les voir assis dos à dos, tout jeunots, sur la pochette de l'album Downpression produit par Henry Junjo Lawes en 1982.

Mais avant de travailler avec Junjo chez Greensleeves, Michigan et Smiley ont commencé leur carrière de DJ avec Dodd chez Studio One. Vous vous souvenez sans doute m'avoir entendu raconter que les DJ jamaïcains étaient des spécialistes du recyclage de vieux riddims, la plupart du temps estampillés Studio One (voir notamment le tout premier article de ce blog consacré à Jackie Mittoo, claviériste, compositeur et arrangeur pour Dodd aux toutes premières heures de Studio One et du reggae), eh bien ce sont Michigan et Smiley qui ont fait axploser à la face du monde cette pratique. Leurs premiers tubes :

-Rub A Dub Style, une version de I'M Just A Guy d'Alton Ellis, un vieux de la vieille de l'époque rocksteady.

-Nice Up The Dance, une version du Real Rock des Sound Dimension. C'est ce même riddim qu'utilise Willi Williams pour Armaggedeon Time, rien à voir avec Michigan et Smiley mais j'adore cette chanson alors je ne pouvais pas ne pas en profiter pour la porter à votre attention.

Deux morceaux. Deux tueries.

Les deux Dj sont des spécialistes du « combination style », qu'ils contribuent à populariser : ils chantent en s'échangeant les répliques, tantôt s'interpellant, tantôt se complétant. Cette façon de chanter en duo sera reprise par Clint Eastwood et General Saint (voir l'album Two Bad DJ un peu plus tôt dans ces pages, une autre production Junjo Lawes).

Le combination style est une pratique assez rare. Le plus souvent, les DJ sont seuls au micro. Et lorsqu'on tombe sur un album crédité au nom de deux DJ, c'est plus souvent un clash qu'un duo, c'est-à-dire un duel verbal, chacun proposant à tour de rôle sa version d'un même riddim sur une piste différente, voire une face de vinyle comme c'est le cas sur Two Giants Clash opposant Yellowman à Josey Wales. D'autres exemples : Toyan vs Nicodemus, Tenor Saw vs Nitty Gritty.

Au début des années 80, Michigan et Smiley quittent Studio One pour Greensleeves, le temps de l'album Downpression. C'est Henry Junjo Lawes qui leur donne leur plus gros hit avec Diseases. La chanson Downpression n'est pas mal non plus, elle commence par la formule qui donne son titre à cet article : « Oh what a ting! », soit quelle histoire! « Ting » étant une déformation jamaïcaine du mot « thing ».

What A Ting

Quelques années plus tard, ils enregistrent One Love Jamdown qui prône l'unité de la musique (jazz et reggae) et des hommes (pauvres et riches), comme Anthony Johnson à la même époque, souvenez-vous :

« Everyone a come ina the dance »

Là encore, c'est du patois jamaïcain, et plus particulièrement rasta, Jamdown signifiant Jamaica, mais la dernière syllabe est remplacée par un mot collant mieux à la réalité : « down », puisque tout va mal dans ce pays. Rasta transforme tous les mots pour dire la réalité au plus juste. Le patois serait donc un peu la langue magique que recherchait Mallarmé. Je vous laisse le soin d'aller creuser par vous-même la poétique particulière de celui-là, moi j'en ai fini pour aujourd'hui.

 

dessin Charlie Boy (la famille)

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Arioch Marioch Delacreuse 09/01/2016 10:16

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