Bête à bouffer du foin (Lamb's Bread International part 2)

Publié le par Benjamin Mimouni

Bête à bouffer du foin (Lamb's Bread International part 2)

Cette semaine, ma chanson préférée est Lamb's Bread de Sylford Walker, ainsi que la version DJ Lamb's Bread International de Welton Irie. Deux pour le prix d'une. Personne ne pourra m'accuser de radinerie cette semaine. On trouve ces deux chansons sur l'album Lamb's Bread International sorti en 2000, soit plus de 20 ans après leur enregistrement (voir l'article précédent).

Un jour, il faudrait que quelqu'un s'amuse à recenser les chansons de reggae parlant de l'herbe. Mais c'est pas demain la veille tant la tâche paraît titanesque. Rien que dans les pages de ce blog, on a pu croiser ceux qui ont fait de la prison pour détention : de Toots, le plus célèbre, qui a su mythifier la chose avec sa chanson 54-46, en passant par Junjo ou les Wailers. Mais ce n'est là que la face émergée de l'iceberg. Il y a aussi toutes les chansons qui en parlent plus ou moins directement : Police In Helicopter de John Holt, Mushroom de Johnny Osbourne qui fait le fameux distinguo : l'herbe c'est bien, les champignons (sous-entendu toutes les drogues hallucinogènes) c'est de la merde. Je passe aussi sur l'expression devenue proverbiale chez les DJ : « Two Heineken and two spliffs. Il y a aussi plein de chansons qui l'évoquent sans que ce soit le sujet principal.

Les deux chansons qui nous intéressent aujourd'hui en parlent directement. Lamb's Bread, soit le pain des agneaux (traduction littérale), une variété d'herbe.

La première version est celle de Sylford Walker, plutôt dans la description de son quotidien :

« It's been a long, long time

Since I man a burn up a lamb's bread

When I man burn up a lamb's bread

I man feelin' irie

I man feelin' nice

I man feel a'right »

Quand j'allume un joint je me sens défoncé, je me sens bien, je me sens au top.

Vox chevrotante qui va bien avec l'image des agneaux.

La version DJ de Welton Irie pousse encore plus loin la comparaison : il commence par parler de manger (to eat) le pain des agneaux avant de passer au verbe fumer (to smoke). Là encore, les paroles sont très descriptives, très terre à terre :

« When I was a youth I used to smoke lamb's bread n a front door ».

« Smoke it in a chalwa another time in a Rizzla ».

Pus il élargit le débat : on fume partout (enfin partout où sont les rastas : Canada, Africa, London). Et c'est vrai que cette imagerie de fumeurs de joints colle à la peau des rastas, à tel point qu'il est difficile – voire impossible – de trouver un poster ou une carte postale qui ne montre pas un rasta en train de fumer un joint, Bob Marley, ou Bob Marley en train de fumer un joint. Je le sais, j'en ai cherché longtemps. C'est la rançon du succès. Ceci ne va pas sans cela.

Peut-être qu'un jour, quand je serai vieux, insupportable et fatigué, je tenterai ce référencement. Peut-être. Mais rien que l'idée me rend d'avance vieux et fatigué, insupportable je ne sais pas. J'espère que non.

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